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Contexte général
Le haut bassin du mandrare est caractérisé par
son dimorphisme agro-écologique.
Ses parties orientale et septentrionale sont dominées
par un relief résiduel occupé en grande partie par
une végétation herbacée essentiellement à
Hétéropogon contortus (POACEAE) localement dé nommé
« danga ». Parfois, des lambeaux de forêts naturelles
localisées sont observées le long des pentes de
montagnes. Leurs superficies ne cessent de se diminuer en faveur
de la savane par suite des feux répétés.
La forme du relief a permis à cette zone de bénéficier
une multitude de réseaux hydrographiques souvent permanents
qui ne sont que des affluents du grand fleuve mandrare. La riziculture
irriguée y est pratiquée toute l’année.
Compte tenu de l’importance de l’élevage bovin
dans la zone, cette grande étendue constitue une zone de
pâturage naturelle et accueille annuellement (en saison
sèche à partir du mois d’Août à
octobre) des transhumants venant de la région aride du
sud (Amboasary et Ambovombe). De par cette vocation et la longévité
de la saison sèche (plus de sept mois), les feux de renouvellement
de pâturage quasiment non contrôlés y sont
des pratiques courantes. Il est incontestable que cette pratique
favorise le phénomène d’érosion en
particulier l’érosion hydrique. En saison de pluie,
le ruissellement est fort et la crue abondante amène des
matériaux tout venant de l’amont. Suivant la pluviométrie
des rivières se tarissent en période d’étiage
absolue. Au niveau des parcelles agricoles, la rareté de
la pratique antiérosive ne font qu’augmenter le risque
de dégradation des sols. Il convient de noter la richesse
de cette zone en ressource minière. Des exploitants miniers
constitués en grande partie par des étrangers occupent
des divers endroits (Tranomaro, Maromby, Andranondambo, Mahaly
et Elonty) pour l’exploitation de saphir, uranium, mica
ou d’autres pierres gemmes.
Contrairement à ces parties Est et Nord, la partie sud,
zone plus basse de transition vers la région sédimentaire
du sud de la grande île et parfois difficile d’accès,
assoit en sa grande partie des forêts naturelles. Généralement
classées forêts sèches, quatre types de forêts
y sont rencontrées à savoir des forêts denses
sèches, du bush à DIDIERACEAE et à EUPHORBIACEAE,
le fourré typique du sud malgache et des forêts galeries
caractérisées par des grands arbres sur sols fertiles
longeant les cours d’eau. A l’échelle régionale,
une partie de la forêt est incluse dans le corridor forestier
vers les forêts denses sèches de l’Ouest. La
formation végétale y est caractérisée
par sa richesse floristique mais aussi par sa grande fragilité.
La conjugaison des effets anthropiques entre autres les prélèvements
de bois non contrôlés, le défrichement pour
les cultures vivrières, les feux de brousses ne fait que
favoriser la dégradation de ces ressources forestières.
En corollaire, il semble qu’une partie de la faune sauvage
connaisse aussi une régression de par la dégradation
de ses habitats. Toutefois, aux alentours des villages, les forêts
bénéficient une protection, toute relative, car
elles assurent les fourrages pour les petits ruminants (caprin
et ovin) notamment en saison sèche.
Quant aux rares peuplements artificiels, essentiellement d’Eucalyptus,
elles sont surexploitées et d’une étendue
insignifiante.
Bref, la zone du Haut Bassin du mandrare occupée par
une population fortement agro-pasteur présente une dégradation
inquiétante des ressources naturelles, notamment les ressources
forestières. Ainsi, de nombreux impacts négatifs
commencent à se faire sentir dans la zone. Les ressources
ligneuses se font rares, la couverture végétale
diminue et l’effet de l’érosion commence à
menacer le vaste étendu de pâturages et de terrains
de cultures.
Néanmoins, une prise de conscience graduelle de la dégradation
du milieu de la part de la population est observée et encourageante.
Face à cette situation, le projet PHBM, pour une bonne
intégration, une meilleure rentabilisation et pérennisation
des efforts de développement rural en l’occurrence
le développement Agricole retient la mise en œuvre
des actions en matière de la gestion des ressources naturelles.
Pourtant, le projet n’a pas l’ambition ni le moyen
de renverser à court terme la tendance actuelle mais continue
d’appuyer localement les initiatives cohérentes à
sa vision globale de gestion rationnelle et durable des ressources
naturelles.
Malgré la mise en place un peu tardive de la «
cellule environnement » et l’insuffisance de moyen
pour les actions environnementales au cours de la phase 1 du PHBM,
des résultats encourageant ont été obtenus.
Se voulant plus intégré que la phase 1 et en considérant
l’ampleur de la problématique environnementale de
la zone, le PHBM-2 a attaché plus de moyens sur ce volet
et a fixé des objectifs modérés pour ses
interventions.
Objectifs du PHBM-2
Ainsi, l’objectif global fixé est de freiner ce
processus de dégradation du milieu naturel et d’obtenir
une réduction des conséquences négatives
d’une telle dégradation sur l’économie
des populations du Mandrare.
Les objectifs à court terme suivants ont été
retenus :
(i) Adapter les pratiques traditionnelles
de gestion des pâturages au contexte de développement
en cours dans le Haut Bassin du Mandrare
(ii) Introduire les pratiques agro-sylvo-pastorales
innovatrices pour la région favorisant le développement
économique
(iii) Renforcer la prise de conscience environnementale
des générations jeunes et moins jeunes vivant
dans le haut bassin de Mandrare.
Résultats attendus et activités
Les résultats et impacts attendus des activités
entreprises sont
(i) l’amélioration de la couverture
végétale
(ii) l’amélioration de la gestion
et la maîtrise des feux
(iii) l’amélioration de la gestion
des ressources forestières
(iv) la réduction des risques de dégradation
des infrastructures réhabilités.
Pour ce faire, la réalisation de ces actions environnementales
s’appuie sur
(i) la sensibilisation et la motivation de
groupes paysans et les communautés à entreprendre
des activités liées à l’environnement
et à la gestion des ressources naturelles puis
(ii) l’intégration de tous les
appuis et les efforts en matière de développement
Agricole (système agro-sylvo-pastoral).
Le projet intervient sur quatre domaines. A travers la foresterie
paysanne, il œuvre dans la promotion des reboisements communautaires
et villageois mais aussi dans la responsabilisation de la communauté
pour la gestion communautaire des ressources forestières
naturelles. Des actions de renforcement de capacités des
communautés en matière d’économie de
bois d’énergie sont aussi entreprises. Concrètement,
le projet mène la vulgarisation des foyers améliorés.
Le second domaine d’intervention concerne la protection
des parcours. Les efforts portent sur renforcement des capacités
de la population en ce qui concerne la maîtrise et la gestion
des feux de brousse mais aussi à la diffusion et la promotion
de culture d’arbustes fourragers.
Afin d’initier les paysans à la protection des sols,
des actions démonstratives de défense et restauration
des sols sont menées. Elles sont réalisées
en parallèle avec le développement Agricole à
travers les appuis aux mini-projets. C’est le troisième
axe d’activité.
Enfin, dans le but de s’assurer la durabilité et
le bon fonctionnement des infrastructures routières et
hydro agricoles réhabilitées, la cellule environnement
initie les organisations paysannes dans la mise en œuvre
des actions de protection biologique adéquates.
Avancement succinct
Les efforts portés sont énormes mais restent modestes
par rapport à l’envergure du bassin. Les trentaines
d’hectares de reboisement communautaires et communaux réalisés
durant sa première phase ont été renforcés
et ramenés à quelques centaines d’hectare.
Quelques essences forestières répondant aux aspirations
de la population ont été introduites et diffusées
à une échelle significative. Afin de couvrir les
besoins en plants de la zone, une dizaine de pépinière
est mise place. Des séries de formations sont dispensées
aux pépiniéristes et aux leaders de groupe durant
le processus d’appui au reboisement.
A travers un partenariat, le projet arrive à former une
centaine de vulgarisateurs en fabrication de foyers améliorés
en vue de l’économie de bois d’énergie
et de l’amélioration des conditions de vie des
ménages, en particulier les femmes et les enfants. Eparpillés
dans l’ensemble de la zone d’intervention du projet,
ils ont pu vulgariser quelques milliers de foyers bénéficiant
plus de 800 ménages.
Une prise de conscience progressive a été observée
en ce qui concerne l’intérêt de lutte anti
–érosive. Le vetiver introduit dans la zone à
travers le projet a été vulgarisé et approprié
par les associations des usagers de l’eau afin de mettre
en œuvre des actions de stabilisation de l’environnement
immédiat et de protection des ouvrages à l’intérieur
des réseaux hydroagricoles réhabilités par
le projet.
Par ailleurs, les actions de sensibilisation et d’éducation
thématique (économie du bois, gestion locale contractualisée
des forêts, la gestion des feux …etc.) menées
à tous les niveaux présentent leurs impacts positifs.
43 enseignants issus des écoles publiques ont été
formés en écopédagogie. Des actions démonstratives
telles que petits reboisements, embellissement de l’enceinte
de l’école ont été entreprises par
les élèves sous les directives des enseignants.
L’émergence d’un club dénommé
« Vitsik’anosy » oeuvrant dans le cadre de l’éducation
environnementale au sein du collège d’enseignement
général de Tsivory constitue un résultat
encourageant.
Quelques partenariats ont été développés
dans le cadre de différentes actions à savoir la
vulgarisation des technologies pour l’économie de
bois d’énergie, l’éducation environnementale
en milieu scolaire, la gestion locale des ressources forestières
et la vulgarisation des plantes à usage multiple.
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