|
Généralités sur la recherche
et développement
Le PHBM a intégré le volet recherche et développement
en tant qu’activités transversales en appui des ac tions
liées aux intensifications et diversifications de production.
Il avait pour objectif de proposer des solutions techniques d’amélioration
de la productivité agricole et de participer à l’élaboration
de méthodes de conseil. Sur la base d’une convention
de prestations, le travail était confié au Centre
National de Recherche Appliquée au Développement
Rural (FOFIFA) représenté par son équipe
régionale.
La liaison entre la recherche et développement et la
vulgarisation agricole avait plusieurs fondements. Les principes
suivants ont été tenus en compte :
-
Le programme de recherche et développement était
étroitement lié aux besoins de la vulgarisation
-
Les agriculteurs, les agents du projet et les chercheurs
étaient en contact direct dans la recherche des solutions
les mieux adaptés
-
L'exploitation agricole forme un système de production
dans lequel les techniques de production et les facteurs socio-économiques
sont en interaction. C'est sur l'analyse et la dynamique de
ce système de production qu’était basé
le programme de recherche et développement.
La démarche retenue passe à travers le diagnostic,
l’expérimentation puis la formation qui se déroulait
en milieu réel, auprès des producteurs et avec eux.
Cette démarche insistait sur :
-
Le fait que les thèmes de recherche et développement
étaient abordés selon les conditions locales
et les objectifs jugés prioritaires
-
Un diagnostic initial qui devait dégager des thèmes
résultant des situations constatées et des problèmes
identifiées avec les producteurs
-
La nécessité d'une évaluation conjointe
de l'action de façon à la resituer par rapport
aux priorités du projet
-
L'appropriation des techniques par les producteurs qui passait
par l’adaptation des techniques, qu'elles soient le
résultat de transfert ou celui de mises au point sur
place, leur adoption et leur maîtrise dans la durée
-
Des délais de mise au point ou d'adaptation des innovations
compatibles avec les impératifs du PHBM pour éviter
des recherches sans fin.
Concrètement les interventions consistent à faire:
le diagnostic de la situation des techniques et des systèmes
de production agricole ; l’analyse de la typologie; l’identification
des thèmes prioritaires de recherche et développement
avec les exploitants; le choix des sites et des exploitants pour
l'implantation des tests; l’élaboration de protocoles
de recherche et développement et communication aux exploitants
retenus pour les tests; la mise en place et le suivi des tests
; et enfin l’évaluation commune des résultats
avec les agriculteurs.
Réalisations succinctes
Chronologiquement, les activités sont accomplies en deux
étapes. Sur la base des analyses de contraintes identifiées,
les trois premières années c'est-à-dire 2001
à 2003 étaient consacrées aux diagnostics,
les expérimentations et les formations qui touchent l’amélioration
des principales cultures (riz, manioc, maïs, arachide). A
partir de la campagne 2003 jusqu’en 2006, les activités
comprennent les activités d’expérimentation
relatives à l’intensification rizicole et l’appui
à la diffusion des acquis techniques des années
précédentes. La diversification et la promotion
des cultures génératrices de revenu pour le développement
des systèmes de culture plus durables sont aussi entreprises
durant cette période. Les activités ont pris fin
une année avant la fin du projet.
Globalement, trois principales spéculations ont été
visées dont la riziculture irriguée, les cultures
pluviales et les cultures maraîchères.
Le dispositif opérationnel comprend une équipe
d’experts de pilotage et de coordination associés
à 2 techniciens permanents qui assurent la mise en place
et le suivi des dispositifs de recherche sur terrain. L’équipe
travaille en étroite collaboration avec la cellule agriculture
du projet.
Le diagnostic initial
La phase de diagnostic initial a mobilisé plusieurs acteurs
dont les techniciens et animateurs agricoles, les socio-organisateurs
et évidemment les paysans. Le travail est piloté
par l’équipe de recherche.
Les principales contraintes identifiées sont divisées
en quatre catégories :
-
Les contraintes climatiques et problème d’eau
: Ce sont des contraintes liées à la courte
saison des pluies, aléas climatiques, les diminutions
des ressources en eau en général qui imposent
une contrainte à la gestion de la mise en place des
cultures et la gestion du calendrier cultural en général
-
Les contraintes liées a la nature du sol, à
la végétation et à la gestion des systèmes
de culture. Elles se manifestent par la faiblesse de l’intégration
des systèmes de culture, l’élevage extensif
à fort impact environnemental, la pratique de l’agriculture
type traditionnel et extensif ; la concurrence entre la riziculture
et les cultures pluviales ; l’érosion et la fragilité
des sols de tanety, la nudité les pentes des reliefs
exposés annuellement au ravage des feux de brousse
; la faible recouvrement du tapis végétal même
sur terrain plat et importance des sols squelettique à
très faible recouvrement végétal ; le
dégradation des sols et la déforestation ; la
rareté des lambeaux de forêts surtout dans la
zone nord ; la faiblesse des surfaces des cultures sèches
avec une absence de dispositifs anti-érosifs et la
pratique de la monoculture
-
Les contraintes biologiques qui sont liées aux problèmes
phytosanitaires par exemple l’exubérance des
mauvaises herbes, les ravageurs, les maladies et les autres
ennemis de cultures
-
Les contraintes socio-économiques qui se traduisent
par l’attachement aux traditions ; la pauvreté
et l’analphabétisme ; le sous équipement
agricole et la faiblesse des ressources financières
des ménages ruraux (qui nuit la gestion de fertilisation,
favorise la pratique de défriche forestière
dans certain secteurs, la pratique d’une forte densité
de repiquage, l’absence ou le retard de sarclage,….);
l’absence des semences améliorées et des
circuits d’approvisionnement en produits phytosanitaires,
la fluctuation de prix et de la production ; et la précarité
du système de commercialisation des produits agricoles.
Les propositions d’améliorations
techniques (photos recherche)
Partant de ces diagnostics, des actions de recherches et d’expérimentations
sont réalisées et validées en milieu réel,
à partir de la campagne 2001-2002 chez les agriculteurs.
Les recherches effectuées ont permis de ressortir les variétés
performantes. Ces dernières sont basées sur la productivité,
la tolérance aux maladies et à la sécheresse.
Les itinéraires techniques et les pratiques culturales
par spéculation s
ont été définis et recommandés.
En ce qui concerne le riz, les matériels végétales
sollicités sont des variétés à bonne
productivité, faible exigence en azote, cycle court, et
résistant aux maladies. A la suite des tests multilocaux
sur 12 variétés, la recherche a recommandé
en grande saison (saison Tsipala à partir du mois du janvier)
les variétés 2798, le X415, et le X265. Eventuellement
les variétés 2787 et X360 pourraient être
envisagées sous réserve de bien maîtriser
la virose. En contre saison (à partir du mois d’août)
les variétés suivantes sont conseillées :
2787, le MR, le X 360 et la X265 qui sont choisis. Par ailleurs,
la variété X265 fait partie des variétés
qui s’adaptent à des rizières « rainfed
» (rizière sans maîtrise d’eau à
tendance vers la sécheresse).
A titre indicatif, dans un périmètre où
la pression de maladie a été considérable
(cas du périmètre Beakanga Marotsiraka), le rendement
moyen du périmètre a augmenté de 1,5 t/ha
à 4 à 5 t/ha à la suite de la diffusion de
la variété 2798.
Pour le maïs, la recherche a ressorti cinq variétés.
Elles s’agissent d’un premier groupe de trois variétés
composites proposées par FOFIFA Toliara à la vulgarisation
depuis 1996 dans le Sud et le Sud Ouest de Madagascar dont BAKOLY
(cycle court), VOLASOA et IRAT 200 (cycle intermédiaire)
; d’un second groupe de deux variétés également
composites, nouvellement introduites du CYMMIT, résultats
du premier criblage de trentaine de variétés effectuées
par FOFIFA Toliara (condition contrôlée en station
1999/2000) pour leur résistance au stress hydrique dont
POOL 16 et POOL 18.
Ces variétés ont fait preuve d'un excellent comportement
et de très bons rendements en milieu contrôlé
et milieu réel, dans différentes conditions agro-écologiques
du Sud –Ouest : Cycle court , tige courte (lutte contre
la verse et économie d'énergie), rendement moyen
(>1,5t/ha même en condition difficile), qualité
de grain (goût sucré et couleur attractive), les
variétés améliorées POOL 18 et POOL
16 ont été identifié performante avec de
rendement en grain de 4,72 et 3,97t/ha contre 1,83t/ha pour la
variété locale Les deux autres variétés
(VOLASOA, IRAT 200) sont à conseiller pour la zone Nord
bénéficiant une répartition des pluies assez
favorable ou pour les zones irriguées. Elles ont un rendement
potentiel de 5-6t/ha.
Quant
au manioc, le programme régional a été élaboré
et structuré en deux volets : (i) Essais variétaux
multilocaux et (ii) évaluation clonale. Neuf clones de
la collection nationale avec un clone local ont été
testés.
Outre ces activités de recherche précitées,
l’équipe de recherche a également effectué
l’analyse du sol dans les trois zones d’action du
projet. Ce travail fait partie aux activités d’appui
à la diffusion des acquis techniques. D’autres activités
méritent d’être signalées à savoir
les formations, l’IEC relative aux activités de recherche
et développement, la fourniture de semence de pré
base ou de multiplication de boutures. Elles ont été
réalisées en collaboration étroite avec la
cellule Agriculture et la cellule Communication du Projet.

|